En présentant son projet de loi, le ministre de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, a fortement insisté sur la nécessité d'un "consensus" face aux "intimidations des fanatiques, des assassins et des barbares" : "Toutes majorités confondues, de gauche comme de droite, la France n'a jamais cédé et ne cédera jamais", a-t-il insisté, ajoutant qu'"il serait irresponsable et illusoire de faire preuve d'attentisme ou d'angélisme". Le rappel avait toutes les apparences d'une mise au pied du mur de l'opposition. "De la discussion qui va suivre, de la compréhension que les uns et les autres nous allons assumer dépendra le positionnement final du groupe socialiste", a assuré Jacques Floch (PS, Loire-Atlantique), confirmant la prédisposition de son groupe à approuver ce texte, même si, a-t-il simplement relevé, "la loi qui nous est soumise doit rester une loi ordinaire".



"Nous n'avons qu'un mot d'ordre, la responsabilité, a soutenu Julien Dray (PS, Essonne). Nous n'avons aucun état d'âme." Estimant que "certaines dispositions de ce projet sont des avancées substantielles pour améliorer le travail de la police et de la gendarmerie", le porte-parole du PS a toutefois jugé qu'"il présente aussi, dans d'autres dispositions, des dangers et des insuffisances".

Les "clarifications" demandées par le PS portent sur la prolongation du délai de garde à vue, l'usage des données informatiques stockées et le contrôle des services de renseignement. La commission des lois de l'Assemblée a accepté de porter à 144 heures, soit 6 jours, au lieu de 96 heures, la durée de la garde à vue en matière de terrorisme. Une proposition jugée "satisfaisante" par M. Floch, mais dont la rédaction pourrait être "améliorée" : un amendement autorisant l'intervention d'un avocat à partir de la 96e heure pourrait lever l'hypothèque.

La question du contrôle des services de renseignement, auquel le ministre s'est déclaré favorable, se heurte quant à lui à certaines réserves émanant de l'Elysée. La constitution d'une commission parlementaire ou d'une délégation fait encore l'objet de débats.

Le contrôle parlementaire devrait toutefois en sortir affirmé. Dès lors semblent s'estomper les motifs d'opposition du PS. "Nous voudrions pouvoir voter ce texte", assurait le président du groupe, Jean-Marc Ayrault, avant l'ouverture de la discussion."Un esprit de responsabilité" que M. Sarkozy a tenu à saluer dans sa réponse.