Seuls, si l'on peut dire, quelque 600 véhicules ont été incendiés à l'échelle du pays, soit deux fois moins que la veille. Environ 200 villes ont été le théâtre de troubles, soit une cinquantaine de moins que vingt-quatre heures plus tôt. La police nationale parle donc d'une «forte décrue» des violences. Rappelons cependant que ce bilan relativement satisfaisant demeure tout de même dix fois plus élevé que celui que l'on recensait chaque nuit en France avant l'éclatement des violences urbaines, fin octobre.

Fermeté mais parcimonie

Au demeurant, la politique d'extrême fermeté appliquée à l'égard des émeutiers se poursuit, sans faiblesses. Mardi soir encore, quelque 280 interpellations ont été réalisées par les forces de l'ordre, ce qui porte à 1800 le nombre de personnes arrêtés depuis la fin octobre, pour 178 personnes écrouées - ce qui risque de poser problèmes dans des prisons déjà historiquement surpeuplées. Et mercredi soir, le ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy a ajouté une nouvelle corde à son arc: tout étranger condamné dans le cadre des violences urbaines sera expulsé du pays même s'il est titulaire d'une carte de séjour, s'il s'y trouve donc en situation régulière.

Par contraste, les autorités semblent recourir de manière plutôt parcimonieuse à l'imposition du couvre-feu. En vertu du décret pris mardi en application de la loi de 1955 sur l'état d'urgence, une trentaine de villes et 25 départements couvrant sept régions sont susceptibles de se voir imposer ce régime de restriction des libertés publiques. Mercredi soir, néanmoins, la liste des zones effectivement placées sous couvre-feu (une partie particulièrement dévastée d'Evreux, Rouen, Amiens, Le Havre, ou Nice et sa région) était assez réduite. Aucun des huit départements de la région parisienne ni même la Seine-St-Denis, réputée pourtant très criminogène, ne sont concernés. Paris pas davantage, même si les autorités y sont sur le qui-vive: 1150 agents des forces de l'ordre sont désormais affectés au territoire de la seule capitale.